François Marchand en Interview - Plan social, un roman cynique

Plan social - François Marchand, Le Cherche Midi

Après son premier roman en 2009 "L'imposteur", François Marchand revient avec "Plan social" aux éditions Le Cherche Midi, un deuxième roman réussit tout simplement parce que le ton est férocement drôle, un zeste grinçant, et c'est sûr, malgré la dureté du thème, il vous arrachera quelques sourires. Un roman court mais tellement bon qu'on n'a souhaité offrir la parole à l'auteur dans le cadre d'une interview brève et aussi savoureuse que le bouquin. Tout cela, grâce à un auteur motivé à nous répondre pour votre plus grande découverte. Un auteur à suivre de très près.


François Marchand en Interview - Plan social, un roman cynique
1/ Bonjour François Marchand, après « L’Imposteur » en 2009, vous revenez en 2010 avec un deuxième roman « Plan social », un titre qui ne pouvait pas mieux coller actuellement. Vous êtes-vous tout simplement inspiré de la vraie vie pour mettre votre cynisme en ébullition dans ce texte grinçant ?

Ma principale source d'inspiration est plutôt la vie des autres (la mienne n'ayant aucun intérêt), de préférence issus de milieux variés : je les regarde, les écoute (et ajoute quand même quelques cadavres pour que ce soit plus marrant). C'est d'ailleurs comme ça que faisait Courteline (mon maître) : de temps en temps, il prenait un train au hasard, descendait dans une ville de province toujours au hasard, rentrait dans le premier bistrot venu et regardait les gens vivre, jouer aux cartes, discuter.

2/ La petite entreprise d’Emile Delcourt va mal. Un plan social est inévitable. Sans dévoiler la suite, vous frisez le politiquement incorrect pour le plus grand plaisir du lecteur. Que vouliez-vous démontrer en utilisant la provocation ?

Je voulais juste opposer deux types pas très reluisants peut-être, mais réels (le patron et le CGT), à un personnage ayant quitté la réalité (le consultant). Mais je ne veux pas démontrer à tout prix quelque chose, d'autant plus que le lecteur reconstruit l'histoire à sa sauce et aboutit à un jugement sur les personnages parfois inverses aux intentions de l'auteur. Mon roman en tout cas n'est pas fondé sur l'opposition méchant patron-gentil salarié. Il dit quelque chose d'un peu différent.

3/ Même si vous pratiquez l’humour au vitriole, votre sujet de roman contribue à une rentrée littéraire sombre. Etes-vous pessimiste pour l’avenir des conditions de travail des Français ?

Ce qui me semble difficile à supporter aujourd'hui, ce n'est pas le fait que certains boulots soient pénibles. ceux qui occupent ces boulots difficiles ne se plaignent pas de cela : ils se plaignent du fait qu'ils sont emmerdés toute la journée par des cadres supérieurs (qu'on ne voit parfois même pas) passant leur journée à concevoir des indicateurs (ou d'autres mignardises) et à se mêler de choses qu'ils ne connaissent pas (puisqu'ils ne connaissent rien). On passe plus de temps à rendre compte, à respecter des procédures parfaitement ineptes, qu'à bosser. C'est l'absurdité de l'entreprise livrée aux cadres supérieurs qui cause aujourd'hui des dépressions.

4/ Dans quel état d’esprit vous étiez à la sortie de votre second roman ?

Un peu comme Domenech avant le match contre l'Afrique du sud : raisonnablement confiant.

5/ Pensez-vous déjà au prochain livre ?

Oui. Et il y aura des cadavres.

LA FRINGALE LITTERAIRE remercie François Marchand de s'être prêté au jeu de l'interview.

Plan social - François Marchand, Le Cherche Midi

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