Hervé Jaouen en interview : une fresque familiale écrite comme un polar.

Ceux de Menglazeg - Hervé Jaouen, Les éditions Presses de la cité.

Quatrième volume d'une fresque familiale, "Ceux de Menglazeg" est disponible en librairie aux éditions Presses de la cité. L'auteur, Hervé Jaouen nous a fait l'amitié de nous répondre. Cinq questions sur un roman écrit comme un polar qui nous a agrippé et que nous avons dévoré. Tentez votre chance, cinq livres sont mis en jeu. Ce bouquin vaut vraiment le coup, chers Fringaunautes.


Hervé Jaouen en interview : une fresque familiale écrite comme un polar.

 1/ Hervé Jaouen, bonjour. Après «Ceux de Ker-Askol», vous proposez un roman magistral «Ceux de Menglazeg». Quelles étaient vos motivations pour rédiger ce deuxième roman ?

 

 

 

Ceux de Menglazeg est en fait le quatrième volume d’une fresque familiale, bretonne et essentiellement rurale, inaugurée par Les Filles de Roz-Kelenn et poursuivie avec Ceux de Ker-Askol et Les Sœurs Gwenan. Cette fresque n’est pas bâtie comme une saga où l’on part d’une génération pour remonter les suivantes. Je me donne la liberté de me promener dans les branches de l’arbre généalogique pour « cibler » des personnages au destin singulier. Il est bien évident qu’au fur et à mesure que j’avancerai (et je ne sais pas encore jusqu’à quel nombre de volumes) des destins se recouperont. Ceux de Menglazeg est l’histoire des descendants de Ceux de Ker-Askol

 

 

 

2/ Est-ce la suite ? Est-ce que ce roman peut se lire indépendamment du premier ?

 

 

 

C’est la suite sans l’être. Une suite dans la mesure où réapparaissent deux personnages de Ceux de Ker-Askol, plus vieux de quelque quarante années, et dotés d’une descendance. Ce n’est pas une suite, au sens où on l’entend habituellement, dans la mesure où je m’arrange, justement, pour que chaque volume constitue un tout « bouclé », de façon qu’on puisse lire les romans indépendamment les uns des autres. Ma fresque familiale n’est pas un feuilleton. Aucun ouvrage ne se termine, ni ne se terminera par « suite au prochain numéro ». 

 

 

 

3/ Votre personnage principal, Sylviane, 18 ans, est au coeur d’un secret de famille. Quand on vous lit, les secrets de famille peuvent être une véritable bombe ?

 

 

 

Le secret de famille est un bon ressort dramatique. Celui-ci m’a été inspiré, en ce qui concerne le conflit entre Sylviane et sa mère (impossible d’en dire plus pour ne pas tuer le suspense), par un fait divers lu il y a plus de trente ans. Il n’est donc pas seulement vraisemblable, mais réel. Le moment était venu de l’utiliser. J’ai trouvé qu’il constituait une « colonne vertébrale » idéale pour soutenir l’histoire de ces malheureux oubliés du progrès de Menglazeg.

 

 

 

4/ Votre roman est écrit comme un polar, c’était votre volonté ?

 

 

 

Ma bibliographie le démontre, il me faut du jeu pour écrire. On peut se lasser – je me lasserais – à écrire toujours de la même manière. Quand j’ai commencé cette fresque, je savais qu’il me faudrait varier les registres narratifs, ne serait-ce que pour maintenir mon intérêt pour ce projet. Oui, j’ai voulu construire Ceux de Menglazeg comme un polar : un premier chapitre qui introduit le suspense, et la réponse aux questions que se pose le lecteur qui filtre petit à petit du récit… Quant à l’écriture proprement dite du roman, j’ai voulu la varier aussi : je fais alterner les monologues intérieurs de Sylviane et le récit classique, en les opposant. Style « parlé » et parfois ordurier d’un côté ; tendresse et cocasserie, élégie et poésie de l’autre. 

 

 

 

5/ Quelles sont vos projets pour l’avenir ? 
 

 

Mon problème, c’est que je souffre du contraire de l’angoisse de la page blanche : j’ai de multiples projets diversifiés, de quoi nourrir mes heures d’écrivain pendant les dix prochaines années, au moins. Bien sûr, j’ai l’intention de continuer cette fresque familiale (il me reste de nombreuses branches de l’arbre généalogique à visiter).  Mais après quatre romans, il était temps de faire une pause. Je viens de commencer un thriller, qui sera une espèce d’hybride entre Hôpital souterrain (pour la folie d’un personnage) et La Mariée rouge (pour la violence). Rendez-vous dans un an environ, sur le terrain, en Bretagne intérieure, où se déroulera l’action…   

 

 

Ceux de Menglazeg - Hervé Jaouen, Les éditions Presses de la cité.

Hervé Jaouen en interview : une fresque familiale écrite comme un polar.
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