1/ Bonjour Jean-Claude Kaufmann, un livre sur les sacs des filles, on attend ce
genre de sujet de la part d’une femme justement. Et non d’un homme. Est-ce un
atout selon vous pour justement traiter le sujet avec plus d’objectivité ?
Cela aurait pu être un inconvénient si j’avais été trop intrusif, par exemple en demandant sans ménagement aux femmes d’ouvrir leur sac. Ma première question a été de leur demander de raconter leur vie par leur sac, c’était très différent. Et par la suite, le fait d’être un homme a été je crois un atout. Elles me l’ont dit elles-mêmes : elles sentaient ainsi que le sujet était davantage considéré avec sérieux.
2/ Quand on vous lit, l’idée principal du livre est que le sac reflète notre société...
Oui, il dit beaucoup de choses sur notre société. Par exemple sur le besoin de se sentir protégé des risques et problèmes qui pourraient arriver dans la journée. Il y a beaucoup d’objets « au cas où » dans le sac. Notre société n’accepte plus le risque.
3/ Autre aspect du livre, vous dites que le sac reflète la personnalité de celle qui le
possède...
Oui mais sur ce point c’est un peu plus compliqué : on ne peut connaître une personne en un seul regard sur son sac. Heureusement ! Chaque objet qui est dans le sac a une histoire, qu’il faut aussi connaître.
4/ Une fois le livre écrit, que retenez-vous du temps consacré à cet essai ?
L’ambiance très agréable de cette enquête, faite de tendresse et de complicité.
5/ Quelles sont vos projets pour les prochains mois ?
Une sorte de livre participatif, partant des témoignages et des archives personnelles, sur le thème du « jour du mariage ». Ce sera un livre d’histoire récente (depuis un demi-siècle) rédigé à partir des histoires racontées par les gens.