Carton plein en terme de visibilité pour la sortie de son livre, L'engrenage, mémoires d'un trader aux éditions Flammarion. Le breton le plus connu dans le monde, malgré lui, s'est exprimé dans la presse, à la radio, à la télévision et sur la toile un mois avant le verdict du procès qui a eu lieu le 8 juin 2010 durant trois semaines.
La défense plaide l'essentiel des faits pour la relaxe tout simplement parce que la Société Générale était au courant de tout, ce qui ne l'a pas empêché de cautionner en ne posant aucune limite.
L'accusation, quant à elle, suggère des sanctions sévères, elle propose quatre ans de prison ferme à l'encontre de l'ancien trader de la Société Générale, Jérôme Kerviel.
Grain de sable qui rouille la machine bien huilée, Jérôme Kerviel sera fixé sur son sort le 5 octobre prochain. En attendant, il balance sa vérité dans son premier livre. Un coup de pied de plus dans la fourmilière qui souffre d'un déficit d'image conséquent dans une époque polluée par l'argent.
Interview sur France 2 dans le journal, reportage dans l'émission Sept à huit, tous se demandent s'il est un simple pion, un bouc-émissaire ou un manipulateur dangereux comme le laisse entendre son ancien employeur.
L'homme qui a fait sauter la banque, titre Le Parisien au moment de l'affaire.
L'homme qui a fait perdre cinq milliards à la banque sans qu'elle s'en rendre compte, déclare le PDG de la Société Générale. Eh bien si ce qu'affirme Daniel Bouton, le PDG de la Société Générale, est vrai, c'est plus que flippant de voir qu'ils ne sont même pas capables de garder l'argent des clients en toute sécurité.
Mais l'opinion publique est loin d'être dupe. Même si Jérôme Kerviel reconnait tout de même ses erreurs dans l'enceinte d'un milieu qui pousse les traders à devenir fou, il insiste et persiste à dire que tout se faisait sous le nez des supérieurs hiérarchiques. La Société Générale savait.
Aujourd'hui, Jérôme Kerviel travaille en tant que comptable dans une entreprise et gagne beaucoup moins bien sa vie même si son salaire reste correct. Il n'a aucunement détourné des fonds à la banque pour des fins personnels. Ceci dit, la Société Générale a perdu une somme d'argent colossale et face à cela, pour maintenir son image, il était peut être plus simple de désigner un coupable avec précipitation plutôt que d'assumer certaines erreurs ayant pour dommages collatéraux de remettre en cause tout le système bancaire. L'enjeu aurait été bien trop dévastateur.
La vérité de Kerviel dans son livre vaut le coup de s'y pencher même si certaines zones d'ombres ne sont toujours pas explicites. Saluons le courage de Kerviel pour rester debout tout en étant dans la tourmente depuis déjà deux ans. Un homme ordinaire comme il aime se définir qui a bascule vers une vie extraordinaire. Tout cela malgré lui.