Certains partent en quête de leurs origines, d’autres, en revanche, se font rattraper par leur héritage familial. Manu fait partie de ceux–là lorsqu’il reçoit une lettre de sa cousine, Paola, journaliste madrilène, dont il n’a jamais eu vent de l’existence, jusqu’à ce jour d’octobre. Quinquagénaire paumé, père d’un garçon, Patrice, tout aussi désorienté, vivant de petits boulots en grosses embrouilles, Emmanuel Magnani se voit confié une mission un peu singulière : se soumettre à un test d’ADN afin d’identifier les restes du commandant Ramon Espola, son grand-père, combattant républicain disparu durant la guerre civile. Manu va se retrouver plonger au cœur de la Retirada, cette marrée humaine qui débarqua sur la plage d’Argelès pour fuir un régime inique, et découvrir pour la première fois l’histoire de sa mère, Elisa, celle de sa famille, et derrière toute la lutte d’un peuple contre La Bête. Emmenés par Clovis Narigou, journaliste marseillais dont la soif de vérité n’a d’égale que son amour des femmes, Manu et Patrice vont être confrontés à d’autres macabres énigmes. Le voyage des trois hommes se transforme rapidement en Odyssée Ibère : mêlés successivement aux guerres intestines entre caïds marseillais, aux divisions sanglantes de l’Internationale communiste jusqu’aux revanchards du Franco et de leurs ramifications avec la mafia russe. En découvrant les charniers du Franquisme, Clovis, Manu et Patrice déterrent les oripeaux enfouis mais bien vivaces des extrémismes politiques. 30 ans après la mort du « Caudillo », son dessin subsiste et les nostalgiques d’un passé déchu agissent bien plus par cupidité que par idéologie.
De Primo de Rivera à Zapattero en passant par Staline, Juan Carlos, Dali et Picasso, Gouiran nous fait traverser Barcelone, Madrid à travers les époques. À l’instar de Carlos Ruiz Zaffon, Maurice Gouiran sait nous évoquer l'oubli et le silence qui, passée la guerre, ont ensuite entourés la présence des exilés espagnols en France. Il nous restitue avec sensibilité la lutte de ces femmes et de ces hommes contre l’arenitis, cette psychose des barbelés, pour tromper le désœuvrement et la tristesse. Le périple des personnages a d’autant plus d’échos aujourd’hui, que la crise économique qui fragilise l’Europe ravive les nationalismes d’obédience fascisante. Ce regard critique et renouvelé que pause Gouiran sur les enfants d’immigrés touche l’irréductible complexité de l’identité humaine. Les générations ne se ressemblent pas, Manu et Paola ne sont pas les reflets de leurs parents mais, comme nous, portent sur leurs épaules les paradoxes de leur siècle.
Reine.
De Primo de Rivera à Zapattero en passant par Staline, Juan Carlos, Dali et Picasso, Gouiran nous fait traverser Barcelone, Madrid à travers les époques. À l’instar de Carlos Ruiz Zaffon, Maurice Gouiran sait nous évoquer l'oubli et le silence qui, passée la guerre, ont ensuite entourés la présence des exilés espagnols en France. Il nous restitue avec sensibilité la lutte de ces femmes et de ces hommes contre l’arenitis, cette psychose des barbelés, pour tromper le désœuvrement et la tristesse. Le périple des personnages a d’autant plus d’échos aujourd’hui, que la crise économique qui fragilise l’Europe ravive les nationalismes d’obédience fascisante. Ce regard critique et renouvelé que pause Gouiran sur les enfants d’immigrés touche l’irréductible complexité de l’identité humaine. Les générations ne se ressemblent pas, Manu et Paola ne sont pas les reflets de leurs parents mais, comme nous, portent sur leurs épaules les paradoxes de leur siècle.
Reine.


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