1/ Bonjour Maurice Lemoine, vous êtes journaliste, spécialiste de l’Amérique latine et écrivain. Aujourd’hui, vous êtes à la tête d’un projet littéraire très ambitieux. «Cinq cubains à Miami» aux éditions Don Quichotte est un thriller, un document ou un roman réalité ?
Disons que c’est les trois à la fois ! Thriller car, dans le style propre à ce genre littéraire, ce roman nous entraîne dans le monde interlope des terroristes, de la CIA, du FBI, et ce, de Cuba aux Etats-Unis, en passant par l’Angola, l’Union soviétique, le Salvador, le Nicaragua… Document parce qu’il raconte une histoire authentique s’appuyant sur une enquête approfondie (à La Havane et en Floride), une importante documentation, des dossiers jamais divulgués par la presse sur la guerre secrète menée par Washington contre Cuba, de nombreux entretiens avec des protagonistes et des témoins. Roman-réalité enfin, dans la mesure ou le mélange des ingrédients précédents permet au lecteur de se plonger dans un récit palpitant – c’est du moins ce que j’espère ! – tout en comprenant qu’il n’a pas affaire à un auteur dont la qualité première serait une imagination débridée.
2/ En quelques mots, votre livre parle de l’histoire de cinq Cubains enfermés dans des prisons américaines pour avoir infiltré des organisations terroristes en Floride... Pourquoi ce thème-là ?
Parce qu’il s’agit d’un scandale judiciaire majeur – qu’ont dénoncé dix Prix Nobel – et que les médias enterrent dans un silence de plomb. Alors que la « lutte contre le terrorisme » alimente quotidiennement leurs chroniques, d’authentiques terroristes, qui ont fait plus de 3000 victimes à Cuba, vivent sans problème sur le sol des Etats-Unis. En revanche, dans l’indifférence générale, cinq Cubains qui ont tenté d’empêcher leurs actions criminelles, sans jamais avoir utilisé la violence, ont été arrêtés à Miami, condamnés à des peines démesurées et, depuis 1998, croupissent dans les pires établissements pénitenciers américains.
3/ Votre roman aborde un sujet passionnant basé sur des faits réels. Vous avez travaillé ce livre en combien de temps et de quelle manière ?
Ce bouquin est le résultat de deux ans et demi de travail. Six mois pour rassembler la documentation. Un mois et demi à La Havane et Miami. Puis la rédaction. Cela peut paraître long, mais c’est la norme dès lors qu’on cumule l’écriture avec un travail salarié (rédacteur en chef du Monde diplomatique de 8 h 30 à 19 heures) : il ne reste que la tranche horaire 19 h 45 – 22 h 30 (après, faut aussi penser à dîner et à dormir), plus les week-end et les jours de congés. Faut pas croire : une vie d’écrivain n’est pas de tout repos !
4/ Plus de 1000 pages, c’est un pari absolument culotté en 2010 ?
J’ai ma théorie (elle vaut ce qu’elle vaut) : mieux valent mille pages passionnantes que 200 ennuyeuses comme la pluie. Aux lecteurs de me dire si je me trompe…
5/ Maurice Lemoine, nous sommes séduits par «Cinq Cubains à Miami» que l’on conseille au grand lecteur (1000 pages, ce n’est pas pour tout le monde, même si ça se lit très bien). Avez-vous d’autres projets d’écriture ?
Oui : il va bientôt falloir rédiger (et envoyer) les cartes de vœux ! A part ça, pour le moment, aucun projet. C’est une autre de mes théories (j’ai quasiment une théorie pour tout) : l’objectif n’est pas de bâcler à toute allure un petit bouquin tous les ans pour le seul plaisir narcissique d’exister socialement en encombrant les librairies (déjà complètement débordées par l’avalanche, les pauvres…). On n’écrit bien que porté par la passion. Le matin où je me réveillerai avec un sentiment impératif – il faut ABSOLUMENT que je raconte cette histoire –, alors je m’y remettrai. D’ici là, je recharge mes batteries et j’attends tranquillement.
Disons que c’est les trois à la fois ! Thriller car, dans le style propre à ce genre littéraire, ce roman nous entraîne dans le monde interlope des terroristes, de la CIA, du FBI, et ce, de Cuba aux Etats-Unis, en passant par l’Angola, l’Union soviétique, le Salvador, le Nicaragua… Document parce qu’il raconte une histoire authentique s’appuyant sur une enquête approfondie (à La Havane et en Floride), une importante documentation, des dossiers jamais divulgués par la presse sur la guerre secrète menée par Washington contre Cuba, de nombreux entretiens avec des protagonistes et des témoins. Roman-réalité enfin, dans la mesure ou le mélange des ingrédients précédents permet au lecteur de se plonger dans un récit palpitant – c’est du moins ce que j’espère ! – tout en comprenant qu’il n’a pas affaire à un auteur dont la qualité première serait une imagination débridée.
2/ En quelques mots, votre livre parle de l’histoire de cinq Cubains enfermés dans des prisons américaines pour avoir infiltré des organisations terroristes en Floride... Pourquoi ce thème-là ?
Parce qu’il s’agit d’un scandale judiciaire majeur – qu’ont dénoncé dix Prix Nobel – et que les médias enterrent dans un silence de plomb. Alors que la « lutte contre le terrorisme » alimente quotidiennement leurs chroniques, d’authentiques terroristes, qui ont fait plus de 3000 victimes à Cuba, vivent sans problème sur le sol des Etats-Unis. En revanche, dans l’indifférence générale, cinq Cubains qui ont tenté d’empêcher leurs actions criminelles, sans jamais avoir utilisé la violence, ont été arrêtés à Miami, condamnés à des peines démesurées et, depuis 1998, croupissent dans les pires établissements pénitenciers américains.
3/ Votre roman aborde un sujet passionnant basé sur des faits réels. Vous avez travaillé ce livre en combien de temps et de quelle manière ?
Ce bouquin est le résultat de deux ans et demi de travail. Six mois pour rassembler la documentation. Un mois et demi à La Havane et Miami. Puis la rédaction. Cela peut paraître long, mais c’est la norme dès lors qu’on cumule l’écriture avec un travail salarié (rédacteur en chef du Monde diplomatique de 8 h 30 à 19 heures) : il ne reste que la tranche horaire 19 h 45 – 22 h 30 (après, faut aussi penser à dîner et à dormir), plus les week-end et les jours de congés. Faut pas croire : une vie d’écrivain n’est pas de tout repos !
4/ Plus de 1000 pages, c’est un pari absolument culotté en 2010 ?
J’ai ma théorie (elle vaut ce qu’elle vaut) : mieux valent mille pages passionnantes que 200 ennuyeuses comme la pluie. Aux lecteurs de me dire si je me trompe…
5/ Maurice Lemoine, nous sommes séduits par «Cinq Cubains à Miami» que l’on conseille au grand lecteur (1000 pages, ce n’est pas pour tout le monde, même si ça se lit très bien). Avez-vous d’autres projets d’écriture ?
Oui : il va bientôt falloir rédiger (et envoyer) les cartes de vœux ! A part ça, pour le moment, aucun projet. C’est une autre de mes théories (j’ai quasiment une théorie pour tout) : l’objectif n’est pas de bâcler à toute allure un petit bouquin tous les ans pour le seul plaisir narcissique d’exister socialement en encombrant les librairies (déjà complètement débordées par l’avalanche, les pauvres…). On n’écrit bien que porté par la passion. Le matin où je me réveillerai avec un sentiment impératif – il faut ABSOLUMENT que je raconte cette histoire –, alors je m’y remettrai. D’ici là, je recharge mes batteries et j’attends tranquillement.


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